CE QU'IL NE FAUT SURTOUT PAS FAIRE
ou
comment se dégouter des chiens
 
 

ça y est ! Le grand jour est enfin arrivé ! Après plusieurs mois d'attente, le chiot tant attendu est là. On peut le toucher, le caresser, l'embrasser. Après l'avoir traîné et poussé de pièce en pièce afin que la visite soit complète, on appelle le ban et l'arrière-ban des amis sans oublier la famille. Les jours suivants ne seront qu'un défilé d'étrangers venus baptiser Isidor. Et tant pis s'il dort, on le réveille afin que chacun puisse l'admirer debout, s'ébahir devant ses grosses pattes et complimenter sa gentillesse.

Au départ, la famille était formelle sur le sujet : Isidor ne montera pas dans les chambres et dormira dans la cuisine. Pour le canapé tout neuf, idem, interdiction de mettre ne serait ce qu'une patte sur le beau tissu beige.

La première nuit est un cauchemar, Isidor n'a cessé de pleurer et de patauger dans ses excréments. A une heure du matin, toute la famille est debout. Après avoir tout nettoyé et lui avoir fait prendre un bain, on lui accorde quelques nuits de sursis dans la chambre juste le temps de s'adapter à sa nouvelle vie ... La chambre et le lit, il ne les quittera plus jamais. Il dort si bien entre ses maîtres.

Par contre pour la nourriture, que de soucis ! Après quinze jours idylliques où il termine en cinq minutes sa gamelle de croquettes préconisées par l'éleveur, son appétit devient quelque peu capricieux.

Cependant, il montre un intérêt des plus vifs pour ce que nous mangeons. Le nez en l'air à hauteur de la table, il hume les bons petits plats à chacun de nos repas puis il goûte et enfin finit par réclamer avec insistance. Quant à sa gamelle, quel calvaire pour lui en faire avaler la moitié. Tous les membres de la famille ont essayé à tour de rôle, la cuillère à la main, à quatre pattes devant lui. Rien à faire, Isidor détourne la tête en faisant une moue grimaçante qui ne laisse guère d'espoir. Pourtant, on a déjà essayé quatre marques différentes de croquettes, testé les boîtes sans plus de succès puis la viande qu'on lui présente à la main, morceau par morceau. En fait ce qu'il préfère c'est "manger comme nous" et " avec nous".

Alors après quelques semaines de résistance, les chaises se sont peu à peu resserrées autour de la table pour lui laisser un peu de place. De toute façon on ne peut tout de même pas le laisser mourir de faim.

En tout cas, il ne manquera pas de calcium et de vitamines. Comme le régime préconisé par l'éleveur a été modifié, on ne sait plus trop où on en est. Alors, dans le doute, on a doublé les doses. Le voisin nous a conseillé une spécialité de vitamines et minéraux qui a bien réussi à son Saint-Bernard : résultat ; deux petites pilules de plus par jour. On ne pourra pas nous reprocher de ne pas en donner assez.

L'éleveur nous a bien mis en garde contre les effets néfastes d'un exercice physique exagéré sur un organisme en croissance. Mais c'est tellement beau de le voir courir à perdre haleine dans les champs et les bois. Il adore cela. Nous aussi d'ailleurs. Alors le dimanche matin, depuis l'âge de trois mois, il nous accompagne dans notre jogging. C'est vrai qu'il peine un peu à la fin. Mais au moins, il se défoule et cela ne peut lui faire que du bien. Sauf peut être à ses pattes qui poussent de plus en plus de travers. Vus de face, ses antérieurs font un angle de 180°. De ce fait, on a encore augmenté le calcium, il faut l'avouer, sans beaucoup de succès.

A un an, Isidor est bien intégré à la famille. Bien qu'il soit un peu envahissant, tout le monde l'adore. Nous lui avons cédé le canapé entier. Le soir, du haut de son "lit", il nous contemple assis par terre devant la télé. Dès la fin des émissions, il est le premier à rejoindre la chambre pour s'étaler de tout son long sur le lit. A nous de l'éviter quand nous nous faufilons sous les draps et d'adopter une position parfois inconfortable.

Pour la nourriture le problème est réglé. Tous les jours ; pizza et riz sauce tomate. C'est ce qu'il préfère. Plus tout ce que nous lui donnons à table et qu'il sait obtenir à force d'insistance. Ce n'est pas très commode, surtout pendant les vacances.

De plus, il ne supporte pas de rester seul, ne serait-ce qu'une heure. Sinon il hurle et détruit tout ou plus exactement ce qui ne l'est pas déjà. Par contre qu'est ce qu'il est beau ! Sauf peut être les aplombs lors de sa confirmation, le juge l'a trouvé panard à l'avant et cagneux à l'arrière, des mots barbares qui signifient qu'il n'a pas poussé droit. Tant pis, on l'aimera comme ça avec ses défauts. Mais après lui, fini ! Plus de chien à la maison : beaucoup trop de contraintes .....

 

Avec l'autorisation du Dr vétérinaire F. MAISON

Article paru dans la revue du club N° 17

Clara et  Elvys
Avec un minimum de bons sens et d'éducation,
on peut arriver à ce superbe résultat : voir l'amour
dans les yeux de son boubou et de son enfant pour
toute une vie de bonheur !














Elvys de la balade du Briantais et Clara